Vous êtes ici : Sites colloques / Colloque Écritures créatives / Axe 1 : Écrire, ça s’apprend ?

Écrire, ça s’apprend ?

Les ateliers d’écriture à vocation littéraire font florès, nombre de maisons d’édition ouvrent des formations animées par des écrivains reconnus, les ouvrages expliquant comment écrire et se faire publier se multiplient. Alors que des masters en écriture créative voient le jour, que les organismes de formation proposent des cycles complets ou stages thématiques, nous interrogerons la question de l’apprentissage de l’écriture de façon diachronique et synchronique.

Il est un fait que l’école et l’université ont souvent assigné aux apprenants le rôle de spectateurs-lecteurs plutôt que le rôle d’acteurs, figeant ainsi des stratifications sociales où les uns seraient dans l’écriture et les autres en dehors. Mais en a-t-il toujours été ainsi ?

Quelles relations entretenons-nous avec nos propres mythes comme, entre autres, ce modèle vocationnel de l’écriture issu du romantisme qui s’oppose au modèle professionnel américain ? Comment les pratiques en atelier font-elles évoluer ces modèles ? Si la France oppose bien souvent l’inspiration et le don au travail et à l’apprentissage, qu’en est-il hors de nos frontières ?

Peut-on apprendre à devenir écrivain ? Si l’idée simple qu’on n’apprend pas la philosophie sans philosopher commence à s’imposer en littérature (François Bon), que doivent apprendre les participants aux ateliers d’écriture, comment se déroulent ces derniers ?

Bien que les ateliers d’écriture aient fait leur apparition à l’école et dans les universités, qu’ils y soient encouragés comme pratiques artistiques, peu de travaux théoriques ont été effectués sur le type d’interactions qui s’y produisent, les caractéristiques des textes qui s’y écrivent, ce qu’ils nous apprennent (Odette et Michel Neumayer). Comment rendre possible la levée des inhibitions concernant l’écriture et la création ? Comment l’atelier nourrit-il cette relation entre l’art et le monde ? Sur quelles descriptions de la littérature s’appuient-ils : sa division par genre et par siècle ou sur d’autres classifications concernant la relation au réel, au mental, au statut de la voix ou de l’image (François Bon) ? Quelles représentations ces ateliers modifient-ils concernant la langue et les textes, la capacité des écrivants à s’approprier l’écrit, l’acte d’écrire, l’inspiration, la création ? À l’heure où la génétique textuelle lève le voile sur les secrets de fabrication des textes, comment s’en servir dans le cadre d’un apprentissage à visée littéraire ?